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Salaires, vous avez dit salaires !

  

La fable de la rigidité des salaires.

Les libéraux expliquent que la France est caractérisée par une croissance des salaires réels plus rapide que celle de la productivité depuis le début des années 2000.

Cette assertion ne correspond pas à la réalité. D’abord, parce que la progression du salaire moyen a nettement ralenti depuis la crise de 2008. Et ensuite, en raison de l’évolution du salariat : le salaire moyen de l’ensemble des salarié-es peut en effet augmenter parce que le nombre de ceux qui reçoivent des salaires inférieurs à la moyenne baisse. Or, c’est bien ce qui se passe en France : entre 2002 et 2012, la part dans l’emploi des ingénieurs, cadres et professions intermédiaires a augmenté de 40,5 % à 44,4 %, la part des ouvriers et des employé-es qualifié-es dans l’emploi est passée de 39 % à 37 %, et celle des ouvriers et des employé-es peu qualifié-es de 20 % à 19 %. Une tendance qui s’est prolongée avec la crise, les suppressions d’emplois ont plus durement frappé les salarié-es les moins payé-es.

Par ailleurs, le salaire moyen des femmes est structurellement inférieur à celui des hommes. En 2010, dans le secteur privé et les entreprises publiques, le salaire net mensuel moyen en équivalent temps plein des femmes s’élève à 1 817 euros. Il est inférieur de 19,7 % à celui des hommes (2 263 euros).

Le coût du capital

Les dividendes nets versés par les sociétés non financières (hors banques et assurances) représentent aujourd’hui 30 % de l’excédent brut d’exploitation et 12 % de la masse salariale.

Entre 1990 et 2012, la masse des dividendes nets versés par les entreprises a été multipliée par plus de 3,5. En 2014, les entreprises du CAC 40 ont versé 56 milliards de dividendes, soit plus 30% en un an !

Et ce n’est pas tout. La fraude fiscale et l’évasion fiscale représentent 60 à 80 milliards de recettes en moins pour l’état, sans oublier les paradis fiscaux et les exonérations fiscales, qui permettent aux capitalistes d’échapper aux impôts qui financent notre protection sociale.

Leurs profits sont nos misères, augmentation des salaires !

Les manifestations et grèves du 9 avril doivent se prolonger pour stopper la politique d’austérité du gouvernement Hollande et exiger notamment une augmentation des salaires et des revenus : le SMIC à 1 700 euros nets ; 400 € d’augmentation pour tous et toutes ; des augmentations en sommes uniformes pour favoriser les plus bas salaires et réduire les inégalités ; l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, avec des mesures immédiates pour annuler les discriminations existantes ; l’augmentation des pensions de retraite, des allocations-chômage, et des minimas sociaux.



Édito

           

Rendez-vous

19 mars /
Appel intersyndical à une journée d’action, de mobilisations et de grève le 19 mars
La situation sociale en France est marquée par l’expression diverse et multiple d’un mécontentement social grandissant, par l’aspiration à une véritable justice sociale et fiscale, par la dénonciation des reculs sur les libertés publiques comme individuelles. Le mouvement des gilets jaunes est l’expression récente de cette profonde crise sociale.
21 mars / Bourse du Travail de Saint Denis
Intersyndicales Femmes 2019
Cette formation regroupe des militant-es de la CGT, de la FSU, et de Solidaires depuis 1998. Elle se veut un lieu d’échanges et de confrontations qui permet d’approfondir les questions revendicatives sur nos lieux de travail et de poser la question de la place des femmes dans les syndicats.
22 mars /
Rassemblement « préjudice d’anxiété »
En 2015, la Cour de Cassation a restreint la reconnaissance du préjudice l’anxiété lié à l’amiante, aux seul.es salarié.es et ex-salarié.es des entreprises ouvrant droit à l’ACAATA. Il semble qu’aujourd’hui certains juges de la Cour de Cassation ont pris conscience de l’incohérence de la situation et laissent espérer un retournement possible d’attitude.
23 mars / 19h30 / à la Bourse du travail
Quel exercice de la démocratie ?
La récente séquence des Gilets jaunes a mis à nu une aspiration à la démocratie face aux décisions d’un pouvoir dépourvu d’une quelconque assise populaire. Au-delà de la satisfaction de revendications relatives au pouvoir d’achat, une proposition de référendum d’initiative citoyenne semble émerger.
3 avril /
Lancement d’une grande campagne pour la régularisation et l’égalité des droits
Cette campagne s’inscrit dans la continuité des manifestations du 18 décembre qui ont rencontré un grand succès. Les marches des solidarités ce 16 mars ont aussi été un relai pour l’objectif que nous cherchons à mettre en oeuvre à savoir une campagne pour des régularisations massives.

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Actualités

Après un week-end de mobilisations, le gouvernement s’entête
Agnès Buzin, Ministre de la santé vient de prendre la parole pour dire qu’elle serait favorable à un recul de l’âge de départ en retraite. Rien de très étonnant, puisque depuis quelques semaines déjà le gouvernement est à la manœuvre pour justifier une réforme « universelle » où l’universalité sera le fait de partir plus tard et avec moins de ressources… travailler plus longtemps, et tant pis si l’espérance de vie en bonne santé diminue, et tant pis si les jeunes pendant ce temps là ne trouvent pas de travail.
Marche des Solidarités
Ensemble face à l’oppression et la répression Riposte populaire !
Justice sociale et urgence climatique
Les dérèglements climatiques ne font plus de doute aujourd’hui comme leur origine, le système productiviste et financier qui pille la planète et exploite les populations. Les dégâts causés par les dérèglements climatiques se répercutent sur les populations et touchent en premier lieu les plus précaires.
Plus de 10 milliards d’euros d’aides sociales non attribuées en 2018 ! Vous avez dit « Pognon de dingues » ?
Il est bien connu notamment dans les médias que la France serait un pays d’assisté-es sociaux bénéficiant éhontément de la générosité collective et vivant aux crochets de la collectivité. Le premier ministre a même déclaré le 15 février dernier que les aides sociales « se méritaient » et que donc il faudrait s’interroger sur leurs « contreparties ».
Grand débat, grande débâcle du gouvernement... à la rue de parler maintenant
Le 15 mars marquera la fin du grand débat : après les longues séances d’enfumage d’Emmanuel Macron (qui dit qu’il va continuer à causer…), des annonces devraient être faites. Pourtant aujourd’hui, rien ne laisse présager que les attentes qui se sont exprimées dans les 17 Actes des Gilets jaunes soient entendues.